Guyane
08/03/2010
Par Catherine LE PELLETIER
CINEMA. Ruée sur « Orpailleur »
Le film du Guyanais Marc Barrat poursuit sa route fulgurante. Après sa présentation à différents festivals de cinéma brésiliens (Manaus et Sao Paulo) et au festival d’Angoulême, la ruée se confirme dans les salles. C’est le cas aussi en Guadeloupe.
Le réalisateur Marc Barrat © Catherine Le Pelletier
Une esthétique splendide
Force est de reconnaître dès les premières images, la force de l’esthétique qui caractérise « Orpailleur », tourné en Guyane. D’autres, avant Marc Barrat s’y sont essayés et n’ont pas forcément réussi. On se rappelle, par exemple, les mauvais clichés et les imperfections de « Cayenne Palace », du réalisateur Alain Maline. Marc Barrat, lui, excelle lorsqu’il capte la beauté des paysages, donne à la lumière de Guyane sa splendeur naturelle et ses variations colorimétriques. Les nuances infinies, perceptibles dans « Orpailleur », sont propres à la région amazonienne.
Un scénario d’enfer
« Orpailleur » est le premier long métrage du réalisateur guyanais et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Le scénario est celui d’un jeune Guyanais qui, avec un ami, rentre au pays suite à la disparition de son frère. En Guyane, révélations familiales aidant, ils seront entraînés dans le « pays profond » et dans le monde de l’orpaillage. Le thème du retour au pays natal est, comme pour beaucoup d’œuvres, cinématographiques ou littéraires, celui de la quête d’identité. Une interrogation profonde, à laquelle n’échappe pas le héros du film.
Le monde fascinant de l’orpaillage
Nul ne connaît aujourd’hui avec exactitude la superficie de la Guyane française. Des études sont en cours. Une chose cependant est certaine, c’est que son territoire, contrairement à ce qui est souvent dit, n’est plus vierge, il est exploité, avec ou sans autorisation, pour ses richesses minières. L’or, mais aussi la bauxite, sont parmi les minerais exploités. Si le phénomène de l’orpaillage est lui très ancien, il est toujours aussi important. « Garimperos » et orpailleurs légaux se disputent la place, souvent au prix de leur vie, le sang vient trop souvent entacher la pureté du métal jaune. La rudesse, la violence, la beauté aussi du monde de l’orpaillage est restituée par le réalisateur qui entame également une plaidoirie pour le respect de la forêt guyanaise. Les garimperos salissent les lieux qu’ils utilisent, ils pourrissent « les bois », ils ne nettoient rien et leur passage reste imbibé de la saleté qu’ils amènent. C’est aussi contre cette salissure révoltante que se bat le réalisateur guyanais.
L’initiation
Avec « Orpailleur », c’est à une véritable initiation à la Guyane que nous invitent les protagonistes, à une Guyane loin des stéréotypes dont elle a trop longtemps souffert. Cette fois-ci, le spectateur est plongé dans un univers bien réel, sans fard ni maquillage superflu. La distribution est remarquable et la performance des acteurs à saluer : Tony Mpoudja, Julien Courbey, Sara Martins-Philippe Nahon, Jimmy Jean-Louis, Thierry Godard, Roger Paes, Viviane Emigré, Georges Aguilar, et Roland Zeliam.
La sortie d’« Orpailleur » est prévue le 9 juin dans l’Hexagone.
Sélection en compétition dans les festivals suivants
- Festival d’Angoulème 2009 (Prix du meilleur acteur pour Julien Courbey)
- Mostra de Sao Paulo
- Amazonas films festival de Manaus
- Festival international du film de l’environnement de Paris
- Festival du Film Français de Richmond (Virginie-USA)
La page d’Orpailleur sur Facebook :
http://www.facebook.com/pages/ORPAILLEUR-de-Marc-Barrat
