Guyane
28/01/2010
Par Karine Sigaud-Zabulon
SOCIETE. Regroupement familial compliqué pour les Haïtiens
De nombreuses demandes de regroupement familial affluent à la préfecture après le tremblement de terre en Haïti. L’administration est vite débordée par les demandes.
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GUYANE. Regroupement familial
Les ressortissants Haïtiens basés en Guyane réclament de faire venir le plus vite possible leur famille situé en Haïti. Demandes par toujours réalisable.
Daniel Ferey, préfet de Guyane © RFO Guyane
Depuis le tremblement de terre en Haïti, les Haïtiens installés en Guyane s’inquiètent pour leur proche. La communauté d’environ 30 mille personnes espèrent faire venir auprès d’elle, des membres de leur famille encore vivant après cette catastrophe sans précédent. C’est donc tout naturellement qu’elle se tourne vers la préfecture de Guyane pour demander un regroupement familial. Une procédure longue et complexe. Mais pour cette situation exceptionnelle, les ressortissants Haïtiens espèrent des mesures exceptionnelles. Une rumeur a d’ailleurs fait état de procédure simplifiée pour permettre le regroupement familial pour ces ressortissants Haïtiens. Un communiqué du ministère de l’immigration, prévoit en effet la simplification du regroupement familial. Mais devant le service des étrangers de la préfecture de Cayenne, des points sont mis sur les « i ».
Pas de dérogation massive
La nouvelle est vite arrivée aux oreilles des personnes concernées. Pour répondre à la situation humanitaire en Haïti, les procédures de regroupement familial sont simplifiées. Du coup, les files d’attente devant la préfecture de Cayenne ne désemplissent pas. Seulement qui dit procédure simplifié, ne dit pas demande accordée sans conditions. Car il y a au moins une condition à remplir si les demandeurs veulent voir leur dossier aboutir. Il faut être en situation régulière sur le sol Guyanais. « Pour les étrangers en situation irrégulières, il n’est pas prévue de faire venir leur famille » a déclaré au micro de Télé Guyane le préfet de Guyane Daniel Ferey. Outre cette condition, le temps de traitements des dossiers devra être pris en compte par les demandeurs.
Mesures insuffisantes
La situation de ces familles Haïtiennes ne laissent pas indifférent un groupe d’avocats. Ils réclament que des mesures exceptionnelles soient mises en place. Au micro de Télé Guyane René Kerhousse, avocat spécialisé dans le droit des étrangers, plaide pour la délivrance d’un "laisser passer humanitaire". A la différence d’un laisser passer simple, ce document permettrait aux Haïtiens installés en Guyane de se rendre en Haïti, et de revenir avec des membres de leur famille en toute légalité.
Depuis le tremblement de terre en Haïti, les reconduites à la frontière des ressortissants Haïtiens ont été suspendues, l’accueil des victimes sur le territoire nationale facilité, et la procédure de regroupement familial simplifiée.
Que dit le dispositif de simplification concernant le regroupement familial
Pour répondre à la situation humanitaire en Haïti et faciliter l’aide aux victimes du séisme du 12 janvier 2010, le ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire met tout en œuvre, en liaison avec la cellule de crise du Quai d’Orsay, pour faciliter les évacuations sanitaires et accélérer les procédures de regroupement familial.
– Les personnes qui doivent être évacuées pour être soignées en France sont exonérées de visa préalable et les autorisations de séjour nécessaires leur seront délivrées dès leur arrivée sur le territoire national (autorisation de séjour de trois mois renouvelable).
– Les personnes dont la demande de regroupement familial a été accueillie favorablement pourront sans délai et sans visa préalable venir en France.
– Les dossiers de regroupement familial en cours d’instruction font l’objet d’un traitement prioritaire par les services préfectoraux.
– Les ressortissants haïtiens en situation régulière sur notre territoire et dont les visas ou les titres de séjour arrivent à expiration postérieurement au 12 janvier 2010 bénéficieront d’autorisations provisoires de séjour (de 3 mois).
Le ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire suit la situation en Haïti, en étroite liaison avec le ministère des Affaires étrangères, afin de faciliter la mise en œuvre des dispositifs de secours.


