Guyane
29/12/2009
Par Nadine FELIX
INFRASTRUCTURES. La Guyane coupée en deux !
Une fois de plus la Guyane termine l’année au bord de la crise de nerf. Depuis un mois le pont du Larivot est fermé pour cause de travaux.
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Guyane. Pont du Larivot fermé
Les structures du pont en réparation seront construites en Bourgogne puis assemblées en Guyane
La réouverture du pont du Larivot ne devrait pas intervenir avant la fin mars 2010 © Catherine Lama/RFO Guyane
L’ouvrage vieux de 30 ans risque de s’écrouler littéralement si les véhicules continuent de l’emprunter, alors même que la durée de vie normale d’un pont est d’une centaine d’années. La pile 13 est défectueuse et s’est considérablement dégradée en à peine quelques jours, mettant en danger tout le reste de la structure dont des études récentes démontraient pourtant déjà l’usure précoce.
Enormes embouteillages
Le pont du Larivot, c’est 1.200 mètres au dessus de la rivière de Cayenne. Quasiment l’unique lien entre l’Ile de Cayenne et tout l’ouest guyanais dont Macouria, Kourou, Sinnamary, ou encore Saint-Laurent du Maroni.
Autant dire que depuis sa fermeture la Guyane est coupée en deux. Bien sûr il existe la déviation de la route départementale n°5. Etroite et sinueuse, pas moins de cinq ponts la traversent. Des ponts à passage unique, c’est dire les énormes embouteillages que connaît la RD5 depuis maintenant un mois. Des ponts Bellay devraient être installés pour permettre une circulation alternée, mais ils ne sont pas attendus avant plusieurs semaines.
Aux heures de grande affluence, rallier Cayenne à Kourou peut prendre jusqu’à 3 heures, au lieu de 40 minutes habituellement. D’où l’exaspération de la population. Pour se rendre à l’heure sur leur lieu de travail, ils sont nombreux à devoir prendre la route dès 5 heures le matin. Du coup, le département, responsable de la RD5 a dû entreprendre des travaux d’aménagement, afin d’accueillir au mieux les 7.000 véhicules supplémentaires depuis la fermeture du pont. Mais nous sommes en pleine saison des pluies, et quand une zone est achevée, s’est une autre qui se dégrade.
Embarquement à Cythère © Catherine Lama/RFO Guyane
Parer au plus pressé
Deux barges ont été installées. L’une venue de Trinidad pour le transport de marchandises, qui peut emmener jusqu’à 20 camions à la fois d’une rive à l’autre de la rivière. L’autre plus petite pour les passagers à pied, des voyageurs acheminés par bus jusqu’aux débarcadères. Un autre navire est espéré pour le mois de janvier, plus confortable et climatisé, il pourra emporter 150 passagers.
On pare donc au plus pressé, l’urgence étant de permettre la réparation du pont sans faire courir le moindre risque aux usagers. Des aménagements dont les Guyanais s’accommodent mal. D’autant que bien des questions se posent.
Comment en effet expliquer qu’on en soit arrivé à une telle extrémité alors que depuis 2005 des rapports indiquaient que le pont du Larivot montrait déjà des signes de fatigue ?
Comment expliquer encore que la RD5 n’ait pas été mieux préparée à recevoir ce nouvel afflux d’usagers, sachant qu’elle est la seule voie possible en cas de fermeture du pont ?
Enfin, quelle conséquence sur la participation à la consultation populaire du 10 janvier prochain autour de l’article 74 de la Constitution, quand on sait que de nombreux Guyanais ont coutume de traverser le pont pour aller voter dans leur commune d’origine ?
Pas de réponse pour l’heure. Toujours est-il que du côté des autorités, le retour à la normale n’est pas annoncé avant fin mars, voire, début avril.
